"Laisse moi le temps de trouver l'empreinte pour mes pas,
à force de t'avoir cherché j'ai un peu peur de moi".


Pour construire toute relation, qu'elle soit amicale ou sentimentale, il faut se donner le temps de la connaissance de l'autre.
Au plaisir donc de retrouver certains d'entre vous à ce rendez-vous. Aléatoire, car j'aime les rythmes aléatoires ; synonyme pour moi de liberté et de spontanéité.
Bien à vous.

Je regarde : devant
Je lis : Ma moitié d'orange, de Jean-Louis Bory (merci belle mOman pour cet acte de partage)
Je joue : avec les mots

Je cite :
"Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder ils s’habitueront".
René Char

Je rêve :
de nouveau, après de longues années sans ; va comprendre, va savoir... ;o)
(mis à jour mardi 15 septembre 2009 à 22:10)

04/09/2008

04/09/08 - 23:59

... Et nous voilà, ce soir...


Ce soir, ça résonne comme voilà bien long de temps que ça n'a frappé fort en moi. J'aurais tant souhaité que pour d'autres, pour un autre en particulier, cette enfance passât, éclatât...


Mon enfance passa
De grisailles en silences
De fausses révérences
En manque de batailles
L'hiver j'étais au ventre
De la grande maison
Qui avait jeté l'ancre
Au nord parmi les joncs
L'été à moitié nu
Mais tout à fait modeste
Je devenais indien
Pourtant déjà certain
Que mes oncles repus
M'avaient volé le Far West

Mon enfance passa
Les femmes aux cuisines
Où je rêvais de Chine
Vieillissaient en repas
Les hommes au fromage
S'enveloppaient de tabac
Flamands taiseux et sages
Et ne me savaient pas
Moi qui toutes les nuits
Agenouillé pour rien
Arpégeais mon chagrin
Au pied du trop grand lit
Je voulais prendre un train
Que je n'ai jamais pris

Mon enfance passa
De servante en servante
Je m'étonnais déjà
Qu'elles ne fussent point plantes
Je m'étonnais encore
De ces ronds de famille
Flânant de mort en mort
Et que le deuil habille
Je m'étonnais surtout
D'être de ce troupeau
Qui m'apprenait à pleurer
Que je connaissais trop
J'avais L'œil du berger
Mais le cœur de l'agneau

Mon enfance éclata
Ce fut l'adolescence
Et le mur du silence
Un matin se brisa
Ce fut la première fleur
Et la première fille
La première gentille
Et la première peur
Je volais je le jure
Je jure que je volais
Mon cœur ouvrait les bras
Je n'étais plus barbare

Et la guerre arriva

Et nous voilà ce soir.



Paroles et musique : Jacques Brel - 1967

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Article 1 - An II

Un an de journal, ça commençait à devenir délicat de s'y retrouver ? Alors deux !! D'où cet INDEX thématique à votre disposition !

Pourquoi un journal ?

Billets d'humeur
Ambiance, ambiance
Audition, écoute
Choix effrayant
Commentaires ; stop !...
Les Ex
J'aime, j'aime pô
Hier, aujourd'hui, demain
Matin chagrin 1 ; 2
Le pont
Petits plaisirs éphémères
Les poupées russes - 1 ; 2
Quinze ans
Regard triste
Religion
Respirer
Sensualité
Souvenirs d'Afrique
Sublimes angoisses
T'entends pas ?
Tourné vers l'Est, chaque matin
Une vie pourquoi ?
Vivre gay ou lesbienne

Chansons
Daisy Nepsy
La mémoire et la mer
L'enfant d'un autre
J'aurais dû comprendre
Les figures imposées
Pour me comprendre
Sid’amour à mort
Trente ans

Citations
Bory-1 ; 2
Michel Butor
Droit d’asile - 1 ; 2 ; 3 ; 4; 5 ; 6 ; 7
L'enfant selon Bouddha
Métamorphose & masque
Partir ou rester
Le petit Poucet
Sagesse taoïste 1 ; 2
Schubert
Vérité

Expos, théâtre, cinéma
Guerre
J'étais dans la maison...
Soleil vert

Histoires
Blague belge, une fois...
Dinde au whisky
Existentiel
Goûts et couleurs
MisterBlue
Questions existentielles
Racisme
Taxonomie

Littérature, philo
Alexis - 1 ; 2 ; 3 ; 4.
l'Amant russe
le Bonheur désespérément - 1 ; 2 ; 3 ; 4.
Le Coeur découvert - 1 ; 2
Etat limite.
Famille je vous hais.
Le passage des éphémères - 1
L'Oeuvre au Noir -1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5 ; 6 ; 7 ; 8 ; 9 ; épilogue
André Gide - 1 ; 2
L'Immoraliste - 1 ; 2 ; 3
Les nouvelles nourritures - 1 ; 2
Paradis de tristesse

Parcours personnel
A la rencontre de...
Les amants de théâtre
Aimer d'amitié
Association d’idées ?
La bulle
Chansons dédiées - 1 ; 2 ; 3 ; 4
Comme en écho
Communication (ma)
Creux de vague - 1 ; 2
Dop
J’ai tué l’amour
Elle a souri
La plus belle fois qu’on m'a dit...
L'enfance - 1 ; 2
L'ex- 1 ; 2
Le verbe aimer
Message parternel
Paroles de déraciné
Peur de moi - 1 ; 2
Tempête matinale
Va, je ne te hais point
Vie, mort
Vivre

Poésie
Amoureux et savants
Demain
Fidélité sans faille - 1 ; 2
Le lombric
Mélancolique automne
Pierre qui roule

société
Devoir de transmission
Enfant, un droit ?
Femmes et droit de vote
Référendum et politique
Se sentir différent


«... Si on attendait de se connaître pour se faire confiance, on allait jouer des rôles les uns vis à vis des autres ; on allait se montrer avec nos carapaces, et le jour où on souhaiterait se raconter tout, on ne pourrait pas tout à fait le faire parce qu’il faudrait adapter notre vérité avec les petits mensonges qu’on se serait dit pendant des mois sur nos parents, sur notre passé, sur nos fantasmes »...
Merci de m'avoir accordé la transcription de ce texte Mathieu, extrait de ton journal (Matthieux) et plus précisément de la série "les corps fermés" , extrait se situant à la page 14.

La plus belle définition qui soit, à mes yeux, de l'acte de confiance !

"Il nous faut naître deux fois pour vivre un peu, ne serait-ce qu'un peu : il nous faut naître une première fois dans la souffrance d'un accouchement. Il nous faut naître une seconde fois par l'âme, et donc par une prise de conscience de cette naissance. Alors seulement nous pouvons réellement commencer à vivre un peu"

Christian Bobin

Au vu de mon parcours de vie, j'ai depuis quatre ans maintenant défini ce parcours actuel comme une re-naissance. Je veux dire par là une prise de conscience du fait que j'avais un peu laissé échapper le réel déroulement de MA vie dans une relation de couple trop fusionnelle (1+1=1). Le fait de reprendre en main le cours de MA vie, je l'ai assimilé à une re-naissance.
On peut donc vivre à crédit, sans aucune prise de conscience de cette vie. Une vie qui se déroule, seule. Et puis un jour (pour ceux qui ont ou auront la chance de la réaliser), c'est LA naissance, conscientisée. Non plus le fait d'avoir été enfanté ; plus cet acte subi. La deuxième naissance.
Merci à Kikoo d'avoir ouvert son journal par un très bel article. Qui m'a amené ce commentaire.

Lu dans
"le passage des éphémères"
de Jacqueline Harpman

J'ai lu dix fois votre lettre - l'autre, c'était trois fois, cela devient une manie ! - pour être sûr(e) d'entendre ce que vous dites sans superposer ce que je pense : peut-être êtes-vous dans l'amour alors que je ne suis que dans l'amourette. On dit que c'est un sentiment plus grave, qu'il s'inscrit dans la durée et aussi qu'il se transforme avec le temps"

Extrait de l'article du 21/04/04, "étalonner les discours"


* * * * * * * *


"Alexis, ou le traité du vain combat"
Marguerite Yourcenar

Ce livre de Yourcenar aura pour moi été le premier lu à "quatre yeux", comme certains jouent à quatre mains sur les touches de leur piano ! Des émotions qui demeurent, bien au-delà du plaisir solitaire. Même en lecture.

.../...

S'il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d'expliquer sa vie...

Je cessai de croire que la perfection se trouve de l'autre côté d'un serment. La sagesse, comme la vie, me parut faite de progrès continus, de recommencement, de patience.


On dirige quelquefois ses actes ; on dirige moins ses pensées ; on ne dirige pas ses rêves.


Les hommes ne disent pas tout mais lorsqu'on a, comme moi, du prendre l'habitude de certaines réticences, on s'aperçoit très vite qu'elles sont universelles... Ma conscience, mise à nu, me révélait celles des autres... Je finissais par me dire que mon seul tort (mon seul malheur plutôt) était d'être, non certes pire que tous, mais seulement différent.